Faits
Ayada K. aurait été complice du recrutement et de l’utilisation de son fils, Abdallah, comme enfant soldat par l’État islamique. En 2014, Ayada K. s’est rendue en Turquie avec son fils Abdallah, alors âgé de 13 ans, et sa fille Safia, alors âgée de 14 ans. De là, elle a traversé la frontière syrienne et s’est installée à Raqqa, qui venait d’être déclarée capitale de l’État islamique. Après son arrivée à Raqqa, Abdallah a été contraint de suivre une formation militaire et de rejoindre plus tard l’État islamique en tant que membre de sa police militaire. Abdallah serait décédé à Raqqa en 2017 à l’âge de 16 ans. Selon le ministère public, les archives de l’Etat islamique montrent qu’Abdallah était payé pour son travail depuis l’âge de 13 ans et utilisait ses revenus pour subvenir aux besoins de sa mère et d’un enfant plus jeune, qui serait son demi-frère né à Raqqa.
Procédure
Ayada K. a été rapatriée aux Pays-Bas en mai 2024 avec sa fille et a été arrêtée. L’enquête est en cours, Ayada K. ayant comparu pour la première fois devant le tribunal en août 2024 pour une audience pro forma. Au cours de l’enquête, Ayada K. a invoqué son droit de garder le silence.
Les audiences concernant le fond de l’affaire ont eu lieu les 27 mars et 22 mai 2026.
Le 5 juin 2026, le tribunal de district de La Haye a reconnu Ayada K. coupable de crimes de guerre et l’a condamnée à sept ans de prison pour avoir permis à son fils, alors âgé de 14 ans, de devenir combattant de l’État islamique (EI). Le tribunal a estimé qu’en se rendant sur le territoire contrôlé par l’EI en octobre 2014 avec ses deux enfants mineurs – alors âgés de 13 et 15 ans – et en y restant pendant des années, la prévenue avait créé les conditions permettant à son fils d’être recruté par l’EI. Elle a également été reconnue coupable de participation à une organisation terroriste, d’actes préparatoires à des infractions terroristes, d’avoir intentionnellement placé et laissé une personne dépendante dans un état d’impuissance ayant entraîné la mort, et d’avoir soustrait des mineurs à la garde légale par tromperie, à plusieurs reprises.