Faits
Le 22 février 2012, un bombardement de l’armée syrienne à Baba Amr (Homs) a causé la mort et des blessures graves à plusieurs journalistes travaillant dans un centre de presse.
Le photojournaliste français Rémi Ochlik et la correspondante américaine de crimes de guerre Marie Colvin ont tous deux été tués dans l’attaque. Plusieurs autres journalistes ont été blessés, notamment la journaliste française Edith Bouvier ainsi que des journalistes syriens et britanniques qui utilisaient le centre comme base pour rendre compte des événements survenus à Homs au début de l’année 2012.
Procédure
Cette affaire a été initialement ouverte en 2012 en tant qu’homicide, mais a été reclassée en 2014 en tant que crimes de guerre.
Les familles de Rémi Ochlik et de Marie Colvin sont parties civiles dans cette affaire, ainsi que des journalistes français, syriens et britanniques blessés dans l’attaque, la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et Reporters sans frontières.
Le 9 avril 2018, des documents déposés dans une affaire civile aux Etats-Unis concernant la mort de Marie Colvin ont été déclassifiés. Ils démontreraient le caractère prémédité du bombardement par l’armée syrienne du centre des médias à Homs qui a conduit à la mort de Marie Colvin et de Rémi Ochlik et aux blessures de plusieurs autres personnes, dont Edith Bouvier, Paul Conroy et Wael al Omar. Ces documents ont été déposés dans le cadre de l’enquête sur les crimes de guerre en cours en France.
Le 30 janvier 2019, le tribunal de district américain de Washington DC a tenu le gouvernement syrien pour responsable du ciblage et de l’assassinat de Marie Colvin et a accordé une indemnisation de 302 000 000 USD à ses proches.
En novembre 2022, des activistes syriens ont été entendus par les enquêteurs, à la demande des parties civiles.
Le 17 décembre 2024, le parquet national antiterroriste français a décidé d’étendre l’enquête aux crimes contre l’humanité, visant spécifiquement «l’exécution d’un plan concerté, à l’encontre d’un groupe de population civile parmi lesquels les journalistes, activistes et défenseurs des droits de l’Homme, dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique».